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ANNEXES 3

La mode – Texte – C1L51

 

Objectifs

Si on mesurait les capacités d’un coiffeur, on distinguerait quatre niveaux de compétences : la découverte, la connaissance, la maîtrise et l’expertise. En ce qui concerne l’activité du styliste, elle se situerait inévitablement au niveau de l’expert, car il doit non seulement dominer parfaitement les techniques qu’il utilise, mais aussi s’informer plus largement de la mode et de la manière dont la vivent ses contemporains. Pour s’initier dans cette voie, cette unité propose d’atteindre les objectifs suivants :

• Repérer les causes sociologiques des changements de la mode.

• Distinguer les différents aspects économiques de la mode.

• Connaître les acteurs de la mode et le rôle du styliste.

• Accorder le style d’une personne avec sa personnalité.

Plan

Quand change la mode ?

Mode en accord

Mode et économie

Mode et idéologie

Origine de la mode

Personnalité

Style Styliste

Introduction

Évoquer la mode ou bien s’y référer est un acte quotidien. Chacun y participe ou bien la consomme sans même s’en apercevoir, pourtant lorsqu’il s’agit de la définir, la tâche semble plus ardue. Cette mode qui n’a pas d’âge et qui pourtant est le symbole de la jeunesse et de la modernité a toujours été insaisissable. Elle est comme un énorme gâteau informe aux multiples couleurs. Au premier abord, on ne sait pas comment le manger, mais très vite on s’aperçoit qu’il enferme en lui des parfums savoureux. Cette mode qui fait corps avec nous est à la fois rebelle et princière, subtile et grossière, belle et harmonieuse et quelques fois de mauvais goût ou indigeste. Pour les coiffeurs, la mode est en changement perpétuel, elle est attractive et séductrice, mais c’est lorsqu’on prétend la connaître qu’elle se dessaisit et disparaît pour réapparaître sous un nouveau visage. D’une manière professionnelle, c’est en s’informant et en observant autour de nous qu’on pourra se l’approprier. Et c’est grâce aux conseils et aux techniques que nous la diffuserons dans nos salons.

Quand change la mode ?

On nomme souvent les modes anciennes lorsqu’elle sont remises au goût du jour. On peut se remémorer facilement ce que l’on portait ou portaient nos parents il y a 10, 20 ou 30 ans, mais qui pourrait dire à partir de quel moment les modes changent ?

En coiffure, la mode est directement liée à l’image externe des personnes. Bien que les influences soient multiples, la mode et les tendances officielles sont issues de ce qui est proposé aujourd’hui sur les scènes nationales et internationales. Ces propositions feront l’écho de ce qui sera porté la saison suivante.

 

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Le concept de mode sert à valoriser (généralement deux fois par an), les réalisations techniques qui prédominent : coupes et coiffages, produits capillaires, couleurs, accessoires, etc.

Elles n’imposent jamais un coiffage ou une coupe, mais plutôt une idée ou une ligne générale. Les points marquants sont :

• La longueur des cheveux : longs, mi-longs, courts.

• La répartition des volumes : symétriques ou asymétriques, peu ou très volumineux, lisses ou frisés, direction des mouvements, etc.

• La couleur : uniforme ou contrastée, claire ou foncée, naturelle ou sophistiquée.

La mode se réfère à ce qui est fixé de manière temporaire, qui est conforme au goût et apprécié du public. Elle normalise un modèle esthétique reçu et accepté, mais un objet ou une attitude peut être à la mode ou passé de mode. Au même titre que l’on peut suivre la mode, être à la pointe de la mode, faire ou lancer une mode. Citons également la dernière mode, la grande mode, la nouvelle mode, la mode féminine, masculine, la mode courte, longue, la mode d’été, d’hiver, etc.

Mode en accord

Ce n’est pas parce qu’une mode nous plaît qu’elle sierra à notre personnalité. Autrement dit, les images de modes que véhiculent les médias appartiennent à une certaine vision de la société, à laquelle on associe des valeurs ainsi qu’une manière de vivre.

Les messages exprimés ont souvent été associés à la liberté, c’est-à-dire pour la femme, la manière dont elle vit sa liberté et comment elle la poursuit.

Son émancipation, ses droits conjugaux et sociaux y sont revendiqués, mais au-delà de ces valeurs est représentée la quête d’un épanouissement personnel et donc de plaisir. Dans ce cas, l’image portée n’est pas associée à la personnalité de l’individu mais plutôt à ce vers quoi il tend, ce qu’il défend ou bien ce dont il rêve.

Le rôle du coiffeur, s’il accepte d’être un consultant, sera celui de catalyseur en donnant à sa clientèle une image transcendante de sa personne. Il pourra lui permettre d’aller au-delà de ce qu’elle connaît d’elle-même, mais toujours en sachant ce qu’elle est et ce qu’elle prétend devenir.

Mode et économie

C’est à partir du XVIIIéme siècle que l’on recense des activités marchandes directement liées à la mode. Il existait alors une puissante corporation réunissant de véritables créateurs couturiers. S’en suivit l’apparition de revues publiant régulièrement les nouvelles tendances. C’est d’ailleurs depuis cette période et pendant 300 ans que la femme française a dicté la mode au monde. C’est seulement après la Seconde Guerre mondiale que l’on vit apparaître d’autres influences.

Nous vîmes des pays comme les États Unis d’Amérique, l’Angleterre et enfin le Japon arriver à maturité et conquérir leur liberté en matière de mode.

Si elle acquiert une dimension internationale grandissante, la mode se distingue aussi par les changements sociaux, les goûts et les désirs des personnes. Pourtant, malgré sa présence dans la vie quotidienne des peuples, son aspect économique est très rarement mentionné par les médias.

Or, la mode influence les achats parce qu’elle procure un plaisir immédiat. Les propriétés esthétiques d’un produit sont souvent des critères de choix bien avant ses propriétés qualitatives. Cependant, l’esthétisme ne résume pas pour autant ce qui est tendance ou pas. La mode est aussi étroitement liée aux mouvements intellectuels, aux avancées de la science, à l’art et à la politique, etc.

Un yogourt parce qu’il est “BIO” se vend-il mieux qu’un autre ? Et si tel est le cas, ce même produit n’aurait sans doute pas eu le même succès dans les années 1950. Le consommateur a donc changé, car désormais il se soucie davantage de sa santé, de l’environnement, de la composition des produits alimentaires manufacturés. L’éducation et l’idéologie des personnes sont reflétées dans leurs achats. Nous achetons ce qui nous ressemble, car cela renforce nos idées. Un produit devient à la mode à partir du moment où il est choisi par un grand nombre de consommateurs pendant une période donnée.

La mode est également une arme efficace des vendeurs pour nous faire consommer davantage. Car la mode use les choses avant qu’elles aient perdu leur utilité. Le consommateur actuel achète pour remplacer ce qu’il possède déjà sous prétexte que ce dernier est passé de mode, le condamnant ainsi à être désuet et inutile.

Enfin, la mode permet aux coiffeurs de proposer de nouveaux services ainsi que de renouveler les techniques. Le professionnel induit de nouveaux styles en harmonie avec les valeurs du moment. C’est pour cette raison qu’il doit se préoccuper de la demande de ses clients et répondre à ses désirs d’achats. Le client est un consommateur auquel on propose une “image produit”. L’attrait réside dans le fait qu’un nouveau produit est toujours associé à la modernité et par conséquent à la jeunesse.

Mode et idéologie

Avant que la mode ne se démocratise, grâce à la révolution industrielle et au prêt à porter, on s’habillait et se coiffait inévitablement en fonction de la classe sociale à laquelle on appartenait et du patrimoine dont on disposait.

C’est surtout à partir des années 50 que les styles commencèrent à être l’expression d’une forme de penser indépendamment de sa position sociale. Décennies après décennies apparurent des modes associées à un style de vie et à une idéologie : rockers, hippies, punks, grunges, techno, gothiques, etc.

Bien que la plupart de ces mouvements, principalement dans les années 80 apparurent dans les classes travailleuses, la mode dans ce sens était bien utile surtout dans les grandes villes, où il n’y a pas de temps à perdre et où il est nécessaire de repérer d’un simple coup d’œil le groupe auquel appartient chacun.

Maintenant les choses ont changé : il n’y a plus d’idéologie ou de style nouveau. La mode commerciale n’a pas d’inspiration nouvelle, elle se contente de recréer des époques passées : la tendance punky, le neohyppies, etc.

Nous revenons actuellement aux origines, on recommence à s’habiller en fonction de ses revenus ou de son patrimoine. Il est désormais possible d’être un fasciste activiste sans avoir la tête rasée et en s’habillant de Gucci, d’une robe déstructurée de Watanabe ou d’un Levi’s vintage hors de prix.

Il suffit de sortir dans la rue ou être témoin de différentes manifestations pour s’apercevoir que, sauf pour le contexte et quelques piercings, beaucoup de styles “antiglobalisation” pourraient se confondre avec des skins heads et que la grande majeure partie a besoin de se déguiser pour revendiquer sa posture face à la vie, sans doute parce que son image habituelle n’est pas capable de la définir.

Cependant, si la plupart des gens peuvent habiller et coiffer leurs idéologies comme ça leur plaît, c’est certainement parce que leur économie le leur permet.

Origine de la mode

Nous avons vu plus haut la mode d’un point de vue économique et le rôle qu’elle joue dans nos société, mais lorsqu’il s’agit de répondre aux questions sur qui fait la mode ? et d’où elle vient ? Les choses semblent beaucoup plus floues.

Pour certains, le renouveau de la mode en coiffure viendrait des défilés, des plateaux, des magazines et pour d’autres, il viendrait de la rue et de son brassage culturel sans oublier les sources d’inspiration comme la télévision ou Internet.

Quoi qu’il en soit, le renouveau de la mode naît de la créativité de ceux qui la réalisent et de l’acceptation de ceux qui la portent. C’est donc ce binôme créateur et consommateur qui fait exister une mode plutôt qu’une autre. S’il veut que ses coiffures soient portées par un plus grand nombre, un créateur doit s’accorder avec les attentes du moment. Réciproquement, chaque consommateur s’oriente vers les styles qui s’accordent avec lui et bien entendu vers les coiffeurs qui pourront les lui procurer. Dans les salons de coiffure, ne dit-on pas qu’un coiffeur développe une clientèle qui lui ressemble ?

Personnalité

Aujourd’hui, le souci d’intégration sociale est si grand que les individus sont souvent conduits à se créer une image au détriment de leur personnalité.
Cette personnalité est déterminée par l’interaction entre les dispositions biologiques de l’individu, son éducation et l’influence du milieu social dans lequel il vit. Cela donne aux individus une forme de penser, des goûts et des envies propres. Cela se reflète dans leur attitude, dans leur démarche et dans leur façon de se comporter avec leur entourage.

 

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Le coiffeur doit être à l’écoute de son client et comprendre comment sa personnalité se traduit dans la vie de tous les jours.

Créer une image harmonieuse requiert un travail d’équipe entre le coiffeur et son client. Une communication de qualité dans un climat de confiance permet de mettre à jour des informations importantes pour le professionnel.

Finalement, une image cohérente sera l’adéquation entre ce que la personne est et ce qu’elle souhaite transmettre.

Style

Le style recouvre plusieurs notions. Tout d’abord, un individu peut “avoir un style” ou en changer, notamment vestimentaire ou capillaire. Mais une même personne peut “avoir du style”, cette fois, nous ferons référence à l’élégance et à la maîtrise particulière avec laquelle elle agit. Par exemple, “ce coiffeur Parisien a du style dans sa manière de couper” ou “nous reconnaissons bien là le style de ce coiffeur Parisien”.

On peut également se référer à “un style”, lorsqu’il s’agit d’une ligne de coiffures avec toutes ses variantes. Cette ligne englobe des caractéristiques communes bien qu’il s’agisse de travaux différents. La mode représente un ou plusieurs styles acceptés par un grand nombre de personnes pendant une période de temps prolongée.

Comme un produit, pour qu’un style soit à la mode, il faut qu’il soit accepté populairement, c’est-à-dire qu’il soit en accord avec les valeurs du public auquel il est proposé.

Pour chacun de nous, le style n’a évidemment rien à voir avec notre physique. Il est comme le flux de l’individualité qui exhale de notre personne et qui constitue les qualités qui enveloppent notre personnalité. Cette individualité réclame un traitement particulier de la part du coiffeur. Cela consiste à adapter la mode du moment au style d’un individu.

Un styliste doit faire ressentir à son client que la coiffure a été créée spécialement pour lui. C’est pourquoi, pour mettre en valeur son style, il est conseillé d’adapter la mode à son client et non l’inverse.

Pour y voir plus clair, nous retiendrons cinq grandes familles, qui regroupent à leur tour un grand nombre de styles :

• Classique : Un style est classique lorsqu’il se veut d’usage ou qu’il répond à une norme acceptée.

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• Moderne : Un style moderne correspond à des caractéristiques de l’époque actuelle et se démarque d’une manière ou d’une autre des époques passées.

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• Avant-gardiste : Un style avant-gardiste appartient à un mouvement précurseur.

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• Naturel : Un style naturel est initialement dépourvu d’artifice, bien qu’il soit quelquefois très étudié pour paraître naturel.

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• Sophistiqué : Un style quel qu’il soit peut devenir sophistiqué lorsqu’il se perfectionne jusqu’au plus haut point.

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Styliste

Comme nous l’avons vu, la coiffure n’est pas toujours l’expression de la personnalité, mais elle peut cependant en apporter à quelqu’un qui n’en a pas. “Les femmes à nuques courtes, aux oreilles dégagées le dessus frisé long : un style pratique qui donne de la personnalité”. “La Coiffure de Paris”. novembre 1979 p.26″ . Même si l’être relève de l’expression individuelle et le paraître de l’expression sociale, il est question ici de distinguer ces deux notions : avoir de la personnalité ou bien avoir l’air de quelqu’un qui en a.

Les coiffeurs s’attachent généralement à vendre une image toute faite par le biais des collections et des tendances de la mode. Hélas, en suivant ces pratiques à l’excès, nous participerons à l’uniformisation esthétique des personnes, alors que la personnalisation est synonyme de diversité.

D’un autre côté, il est impossible de donner des normes concrètes sur les mesures, les volumes et les techniques à employer pour concevoir une coiffure en harmonie avec le style d’un client ou d’une cliente, néanmoins nous pouvons apporter à chaque coiffure plusieurs niveaux de délicatesse et de pondération.

D’une manière plus générale, le styliste est un professionnel chargé d’élaborer une image adaptée aux besoins de sa clientèle, d’une séance photographique, d’une mise en scène théâtrale ou cinématographique ou d’une collection saisonnière. Ses travaux s’organisent à partir de l’image globale d’une personne. Il tient compte de la coiffure, de l’habillement, des couleurs à porter et à éviter, du maquillage et quelquefois des accessoires et des bijoux.

EN BREF

• La mode est directement liée à l’image externe des personnes.

• Les points marquants proposés par la mode et les tendances officielles sont :

–  La longueur des cheveux : longs, mi-longs, courts.

–  La répartition des volumes : symétriques ou asymétriques, peu ou très volumineux, lisses ou frisés, direction des

mouvements, etc.

–  La couleur : uniforme ou contrastée, claire ou foncée, naturelle ou sophistiquée.

• Le rôle du coiffeur, s’il accepte d’être un consultant, sera celui de catalyseur en donnant à sa clientèle une image transcendante de sa personne.

• La mode se distingue par les changements sociaux, les goûts et les désirs des personnes.

• Un produit devient à la mode à partir du moment où il est choisi par un grand nombre de consommateurs

pendant une période donnée.

• Le renouveau de la mode est né de la créativité de ceux qui la réalisent et de l’acceptation de ceux qui la portent.

• Une image cohérente sera l’adéquation entre ce que la personne est et ce qu’elle souhaite transmettre.

• Pour qu’un style soit à la mode, il faut qu’il soit accepté populairement, c’est-à-dire qu’il soit en accord avec les valeurs du public auquel il est proposé.

• Les travaux du styliste s’organisent à partir de l’image globale d’une personne. Il tient compte de la coiffure, de l’habillement, des couleurs à porter et à éviter, du maquillage et quelquefois des accessoires et des bijoux.