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Généralités

Un peu d’histoire – Texte – C1L04

Objectifs

L’histoire de la coiffure est très dense et représenterait une tâche considérable si on devait l’étudier dans son ensemble. C’est pourquoi cette unité propose de se focaliser spécialement sur les faits marquants se rapportant à la coupe de cheveux au fil des âges. Une étude de cette évolution est essentielle pour mesurer l’héritage que nous ont laissé nos ancêtres. Connaître l’histoire de la coiffure, c’est aussi mieux comprendre le présent et mieux créer l’avenir. Pour orienter ton étude, voici les différents objectifs à atteindre :

  • Connaître l’origine des outils de coupe.
  • Étudier les caractères formels de chaque époque.
  • Étudier les changements socioculturels du XXe siècle et les modes qui s’y rapportent.
  • Analyser les créations contemporaines influençant les modes du moment.

 

Plan

  • Premiers outils
  • Du Ve au XVIe siècle XVIIe siècle
  • XVIIIe siècle
  • XIXe siècle
  • XXe siècle

 

Introduction

Pendant la première moitié du XXe siècle, les métiers liés à la coiffure connaissent une évolution bien plus importante que pendant les mille cinq cent ans précédents. Ces années du début de siècle sont étroitement liées aux avancées technologiques. De nouveaux modes de vie des hommes et des femmes apparaissent. Les tendances et les besoins esthétiques changent. Mais c’est surtout la première fois que dans l’histoire, les ingénieurs, chimistes et coiffeurs collaborent pour créer de nouveaux cosmétiques. Cette union donne naissance à la coloration et à l’ondulation permanente. Les coupes se réalisent désormais avec d’autres volumes, d’autres textures et des couleurs plus éclatantes.

Le coiffeur styliste, même s’il est souvent présenté comme un professionnel créatif, est surtout devenu au fil du XXe siècle un technicien avec une grande maîtrise des produits cosmétiques et des outils. Il tend à devenir une sorte d’architecte qui planifie son travail en fonction d’un objectif esthétique clairement défini.
Toutes ces techniques et ces outils constamment en évolution nous démontrent que la coiffure est directement liée aux mouvements du monde qui l’entoure.

 

Premiers outils

L’âge de pierre

Selon les continents, de 1,8 Million d’années à 2500 ans av J.-C. Cette période préhistorique est caractérisée par la fabrication d’outils en pierre taillée (le paléolithique), puis polie (le néolithique). De l’âge de pierre nous sont parvenus les premiers silex affûtés. Ancêtres du couteau, ils étaient utilisés pour dépecer les animaux et pour couper la viande.

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L’âge de bronze

Début de l’âge de bronze au Proche-Orient (vers 4000 av J.-C). De 1800 à 850 av J.-C en Europe Occidentale. Durant cette période, les hommes fabriquent des armes et des outils en bronze dont le rasoir avec lequel ils se rasent la barbe.

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L’âge de fer

Les débuts de la métallurgie du fer datent de 1050 av J-C le long de la côte orientale de la Grèce. Durant cette période allant jusqu’à 50 av J.-C. furent créés les premiers ciseaux couteaux à deux branches.

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Du Ve au XVIe siècle

Pendant le Moyen Âge, les ciseaux communément appelés “forces” sont l’outil essentiel du barbier. C’est aussi l’époque de la “coupe au bol”. La technique en était très simple ; on recouvrait la tête d’une calotte de cuir descendant jusqu’aux oreilles et, de quelques coups de ciseaux, on coupait tout ce qui dépassait.

Vers la fin du Moyen Âge, un ordre de la mode devient perceptible.

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Les métamorphoses rapides et les extravagances sont partie intégrante d’un nouveau dispositif social et culturel.
La référence privilégiée est la parure et lorsque la mode se répand, elle est le fait du roi, que la cour s’empresse d’imiter.

Jusqu’à la fin du XVIe siècle, les techniques de taille de cheveux, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, resteront très rudimentaires.

 

XVIIe siècle

Les hommes portent les cheveux coupés sous leurs perruques. Parfois, ils conservent les mèches du front afin de dissimuler les attaches du postiche.

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Néanmoins, les coiffures pour femmes se diversifient. Les coiffeurs coupent davantage en fonction des coiffures souhaitées et le fait d’avoir des cheveux plus courts autour du visage se répand.

 

XVIIIe siècle

Initié au XIVe siècle, le goût pour la nouveauté et le fastueux restera une valeur mondaine jusqu’au XVIIIe siècle. En règle générale, l’attrait pour l’esthétique et la sophistication est très fortement perçue dans les coiffures de la haute société.

Sous le règne de Louis XV (1710 – 1774), la coupe de cheveux est l’affaire de quelques initiés. Sur la place de Paris, les dames ne peuvent se confier qu’en très peu de coiffeur pour satisfaire leurs exigences. Heureusement, la mode est aux cheveux très longs, ce qui permet d’atténuer les erreurs des coiffeurs les moins compétents.

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C’est en 1778 que Lefèvre fait paraître dans son “traité des principes de l’art de la coiffure” une approche technique de la coupe de cheveux qui consiste à diviser la tête en zones de travail.

En France, les années de post-révolution (1789 – 1799) sont significatives de grands changements sociaux. Les modes changent ; les femmes et les hommes abandonnent les perruques et les longs cheveux et c’est face à une clientèle en demande de renouveau que les coiffeurs se perfectionnent. Les nuques sont nettes et les coiffures plus effilées. Malgré une tentative de retour des cheveux mi-longs, les coupes courtes plus affirmées et plus strictes sont enfin adoptées.

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C’est au travers des coiffures masculines que la profession perfectionne les techniques de coupes. L’appellation des “salonniers” succède à celle des “barbiers”, l’utilisation des ciseaux se généralise et l’usage du rasoir est réservé à la barbe. Afin de réaliser des coiffures encore plus soignées, on utilise un nouvel outil, la tondeuse.

 

XIXe siècle

Enseigner et transmettre l’art de la coiffure est une vocation que partage Croisat avec ses amis Ferdinand Amelin, Guillaume, Hypolite Bigle, Maury, Sabatier et Ana Schoukinna.

C’est ainsi qu’ils décident en 1833 de fonder une académie de coiffure dédiée spécialement à la recherche et à la réflexion.

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L’Académie a pour but “de pénétrer tous les coiffeurs de la nécessité d’adopter une méthode, non pas une manière unique de faire, mais bien des règles générales qui, s’appliquant à toutes les modes, mettent un artiste à même de concilier le caprice du jour avec celui particulier à chaque dame, ainsi qu’avec les lois de la raison et du bon goût” (La coiffure en France du Moyen Âge à vos jours. Delmas International. p 219-223).

En 1894, Sorignet (dans le Manuel du coiffeur pour hommes) restreint l’usage des tondeuses. Il y est particulièrement stipulé qu’elles peuvent avoir leur utilité pour ébaucher le travail. Mais il ajoute que dans bien des cas, elles tendent à tailler d’une manière trop uniforme.

Dans son manuel largement employé par des générations de salonniers, Sorignet propose diverses coupes de cheveux plus ou moins longues, notamment la coupe en brosse.

 

XXe siècle

1900-1914

En ce début de siècle, les changements dans le style de vie intègrent les loisirs et les sports. C’est à l’issue de ces nouvelles occupations que les cheveux de la femme raccourcissent. En Europe occidentale et aux États Unis, ces années coïncident avec le renforcement de la libération de la femme.

En 1906, C. Nestlé, fait la première démonstration en public de son invention qui consiste à onduler les cheveux de façon durable.

En 1907, Eugène Schueller, un chimiste, met au point une formule de synthèse permettant de se teindre les cheveux d’une manière inoffensive. Deux années plus tard, il fonde la société L’Oréal qui est aujourd’hui encore numéro un mondial en matière de cosmétiques destinés aux professionnels de la coiffure. Ces deux procédés feront avancer de manière considérable l’approche de la coupe de cheveux.

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Les nouvelles formes obtenues par les procédés de frisures permanentes ainsi que l’apport de reflets plus intenses de la coloration ouvrirent de nouveaux horizons aux coiffeurs.

La coupe de cheveux s’intègre désormais dans un objectif esthétique global incluant d’autres procédés techniques et chimiques.

 

1914-1920

Dès le début de la guerre, en août 1914, les femmes doivent apprendre à vivre sans leur époux. Elles travaillent dans les champs, les mines et les bureaux, en plus d’être infirmières ou ambulancières.

La mode s’oriente donc vers la simplicité et le pratique. Les chignons étaient remontés sur l’arrière, mais le style le plus moderne était sans doute le carré court ondulé accompagné d’une frange.

Ce style convenait parfaitement au port du chapeau que l’on enfonçait jusqu’aux yeux.

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1920-1930

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les progrès techniques notamment dans les domaines de la photographie et de l’impression, permettent d’agrémenter les nombreux magazines de modes. Ces derniers sont le reflet d’un monde en mouvement au pouvoir d’achat grandissant et en recherche de nouveauté. C’est ainsi qu’apparaissent les “réclames” pour séduire les consommatrices et leur vendre une image de la féminité plus actuelle. Le cinéma tout d’abord, puis la télévision contribuent à diffuser les modèles d’actrices et de speakerines.

Chaque femme peut être tentée de copier la coiffure, le maquillage et le style des stars de l’écran.

Les critères de beauté chez l’homme et la femme changent ainsi que leur coiffure. Nous voyons apparaître en quelques années des changements radicaux en termes de mode féminine.

Il s’agit tout d’abord de la permanente et de la mise en plis, puis des cheveux courts. Les formes, les volumes ainsi que la longueur des cheveux se modifient.

D’un point de vue social, les années 1920 dites “les années folles” sont le reflet d’une évolution des mentalités des Parisiennes.

Apparaît alors une mode plus excentrique : les cheveux sont effilés, permanentés puis disciplinés par une mise en plis et enfin séchés par un casque soufflant de l’air chaud. La clientèle féminine découvre les cheveux courts, c’est l’époque de la coupe à la “garçonne” proposée par un célèbre coiffeur nommé Antoine. Vivant à Paris, il comptait Joséphine Baker et Greta Garbo parmi ses clientes.

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Mais le succès de ces coiffures n’est pas seulement dû aux stars qui en font la propagande. Les cheveux courts s’associent au renouveau et au dynamisme, en un mot à la jeunesse. D’ailleurs, c’est par la jeunesse que cette mode prend son essor.

L’audace et l’enthousiasme de la jeune clientèle permettent de reconsidérer les critères de beauté établis et surtout de s’imposer face au conservatisme de certains coiffeurs.

Le métier se développe et ce sont les coiffeurs pour hommes, plus habitués à couper les cheveux courts qui contenteront ces clientes les premiers.

Pour reconquérir ce nouveau marché les coiffeurs pour dames adoptent de nouvelles techniques de coupes. Ce n’est que vers la fin de la décennie que les cheveux s’allongeront et s’onduleront.

 

1930-1939

Au lendemain du krach boursier de Wall Street en 1929, une crise financière et économique sans précédent s’abat sur le monde. Les répercussions entraîneront un accroissement considérable du chômage et de la pauvreté.

Malgré tout et pour se divertir, des millions de personnes affluent vers le cinéma parlant. C’est ainsi que les femmes reproduisent les coiffures des idoles d’Hollywood comme Marlène Dietrich, Jean Harlow, Greta Garbo, etc.

Les ondulations sont encore à la mode, mais c’est sans aucun doute le Glamour qui marque la décennie. Ce stéréotype de la femme aux lèvres rouges, sensuelle et aux cheveux platine connaît les vacances et le bronzage.

 

1939-1950

Hitler, Franco et Mussolini ont commencé à découper l’Europe. Les femmes doivent à nouveau se serrer la ceinture. La mode vestimentaire est victime du rationnement des matières. Les femmes se maquillent les sourcils avec du cirage, se colorent les lèvres avec du vin rouge ou de la betterave et polissent leurs ongles au lieu de les laquer.

C’est donc pour faire face à cette pénurie que les femmes attachent beaucoup d’importance à leur coiffure. Les cheveux se portent haut sur la tête et les chignons sont très populaires.

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Mais c’est à partir des années 1940, que George Hardy apporte dans les salons de coiffures pour messieurs une nouvelle technique qui consiste à couper les cheveux au rasoir. La coupe se réalise sur cheveux humides dans un mouvement de rotation du peigne et du rasoir, les mèches sont ensuite séchées grâce au séchoir à main électrique.

 

1950-1960

Au fur et à mesure des années, les coupes de cheveux évoluent au gré des tendances de la mode. Les coiffures changent de plus en plus rapidement requérant une approche plus méthodique.

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Les chignons sont toujours d’actualité pour un style plus sophistiqué, mais ce sont les coiffures ondulées encadrant le visage qui
restent les plus populaires. Marilyn Monroe reste fidèle à son style de bombe sexuelle blonde alors que l’actrice Jean Seberg arbore une coupe très courte à la garçonne.

 

1960-1969

Depuis les années 1960, Paris n’est plus seule sur la scène de la mode internationale. L’Angleterre, l’Italie et aussi les États-Unis prennent pied sur le marché.
C’est à cette époque qu’un Londonien nommé Vidal Sassoon propose une approche géométrique de la coupe de cheveux, il est alors question d’angle et de superposition des mèches créant ainsi une épaisseur dans la chevelure tout en respectant le tombant naturel du cheveu.

La coupe de cheveux structurée est apparue au fil des années 1960 et n’a cessé d’évoluer jusqu’à nos jours. Néanmoins les fondements de cette approche plus technique de la coupe furent établis entre 1960 et 1980.

  • Le premier point à souligner est sans aucun doute la fonction même de la coupe. En effet, elle n’est plus seulement utilisée pour déterminer la longueur de la chevelure, mais bien pour donner une forme à la coiffure. Elle rend possible une mise en forme avec du mouvement et des volumes choisis et distribués volontairement

Au cours de ces années, on remarque que la femme veut se sentir épanouie, libre et en harmonie avec son environnement. Pour ces raisons et pour ne pas avoir l’air de sortir de chez le coiffeur, elle adopte facilement les coiffures décoiffées avec les cheveux orientés dans tous les sens.

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Les clientes refusent de plus en plus les coiffures associées aux coupes trop structurées. C’est alors qu’apparaît une dimension nouvelle de la coupe. Il s’agit de la texturisation des cheveux. Les cheveux après avoir été coupés sont savamment effilés, ce qui permet d’obtenir des coiffures naturelles ou très décoiffées; c’est la naissance de l’anti-coiffure.

Partant de ce principe, naissent des coiffures aux longueurs irrégulières, contrastées, asymétriques. Ces coiffures ont un grand succès auprès du public car elles sont dynamiques et revendicatrices d’une féminité entreprenante et affirmée.

  • Un autre point déterminant dans l’évolution de la coupe est lié au fait qu’avant 1960 les coiffures étaient associées à leur côté pratique, alors qu’à partir de cette date, elles sont synonymes de mouvement et de recherche du naturel.

Grâce aux coupes structurées et déstructurées, les femmes peuvent se coiffer dans tous les sens et la coiffure peut se replacer facilement avec les doigts.
C’est au cours de cette décennie que l’on remarque des coiffures lissées et particulièrement volumineuses sur le sommet de la tête. Les franges plus ou moins longues ainsi que le carré court sont également très populaires.

 

1969-1980

Le 20 juillet 1969, Neil Armstrong est le premier homme à marcher sur la Lune et tout semble désormais possible. On retient d’ailleurs plusieurs mouvements très marquants de cette période.

  • Le premier, initié au début de la décennie, concerne la jeunesse du baby-boom qui s’envole vers un romantisme psychédélique parfumé au haschich. Les hommes gardent les cheveux longs, les favoris, la barbe ou la moustache selon les cas et pour la femme, on voit apparaître une recherche du naturel associé à une liberté de mouvement de la chevelure. Cette période est déterminante pour l’évolution de la coiffure féminine, car désormais, elle symbolise une élégance légère et sophistiquée mais toujours naturelle.
  • Mais quelques années plus tard, la mode punk débarque dans les rues de Londres et s’étend en Europe et aux États-Unis. On écoute les “Clash” ou les “Sex Pistols”. Les pantalons sont moulants et les femmes s’associant à ce mouvement portent aussi bien des “Doc Martens” que des talons aiguilles. La peau est trouée de piercings, les cheveux sont rasés ou teints et dressés sur la tête. Ce mouvement restera l’un des plus provocateur du XXe siècle.
  • Le dernier mouvement marquant de cette décennie fut largement diffusé par le film “La Fièvre du samedi soir” (Saturday Night Fever, 1977), de John Badham, avec John Travolta et Karen Lynn Gorney, mis en musique par les Bee Gees. Ce film déclencha une vague d’enthousiasme pour le disco et continuera jusqu’au début des années 1980. Les cheveux des blancs devinrent de plus en plus volumineux et frisés et dans la même lignée, les noirs renoncèrent à se lisser les cheveux et les laissèrent pousser naturellement donnant naissance aux coiffures “afro”.

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1980-1990

Qu’elle soit séduite par le style néoromantique à l’image de Boy George avec des tresses multicolores, révoltée avec la tête rasée comme les “skinheads” ou plus sagement permanentée avec un bandeau dans les cheveux en pratiquant l’aérobic, la jeunesse bouscule et réinvente continuellement les styles.

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Dans les années 1980, la mode acquiert une diffusion constante. Les créations ont une logique de production dirigée vers une consommation du plus grand nombre.

Les collections des coiffeurs sont saisonnières suivant ainsi le rythme de la haute couture. La mode est traduite en tendances puis distribuées par des grands groupes ou par des franchiseurs. Au bout de la chaîne, les coiffeurs se forment régulièrement pour acquérir les méthodes de coupe de la saison. Les procédés sont préétablis, les coiffeurs n’ont plus qu’à suivre les nouvelles techniques pas à pas.

 

1990-2000

Dans la même logique que les années 1980, les années 1990 orientent la coiffure vers une démarche de plus en plus productive. On vise à réduire les temps de réalisation en créant une répétition dans les procédés. On uniformise les coiffures, alors que sur un plan social et culturel la demande s’oriente vers une personnalisation de la coiffure et une recherche de styles propres. La mode proposée dans les revues professionnelles n’est plus le seul point de mire, car le consommateur vise le pluralisme. Il évolue, change de style d’un jour à l’autre ou tout simplement affirme différentes facettes de sa personnalité.

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Les groupes de cosmétiques sont de plus en plus grands et influents. Ils diversifient leurs stratégies de ventes en proposant des séminaires de formation à leur clientèle de coiffeurs. On y découvre principalement les nouveaux produits de la marque en question ainsi que leurs techniques d’utilisation. Mais petit à petit, les catalogues de formations professionnelles s’étendent et proposent des séminaires thématiques sur les chignons, les nouvelles coupes de la saison, la vente ou le management. Les réseaux de salons franchisés possèdent généralement un système de formation interne.

 

2000-2010

Désormais, les sources d’inspiration se sont démultipliées. Les autoroutes de l’information favorisent la connaissance des tendances au niveau mondial. La mode dernier cri s’efface. Régulièrement le démodé redevient à la mode et la rue est toujours source d’inspiration pour les créateurs.

Pour les coiffures, on assiste à un intérêt grandissant pour la diversité des formes, des styles et des couleurs, tant pour la mode féminine que masculine.

On s’approprie des styles étrangers ou ethniques, on accepte des coupes unisexes et l’âge n’est plus un critère de style.

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La coiffure est liée à la consommation de produits courants, elle est ancrée dans l’économie et la culture dite “de masse”. Sa diffusion tout comme son dynamisme, touche tous les milieux culturels et chacun l’adapte selon ses codes sociaux, mais toujours en recherchant la différenciation, dont la mode est porteuse.

 

EN BREF

  • L’âge de bronze : fabrication des premiers rasoirs pour la barbe.
  • L’âge de fer : création des premiers ciseaux couteaux à deux branches.
  • Du XIVe siècle au XVIIIe siècle : l’esthétique et la sophistication sont très fortement perçues dans les coiffures de la haute société.
  • XVIIIe siècle : la mode pour les hommes et les femmes est aux cheveux très longs.
  • Fin XVIIIe : les femmes et les hommes abandonnent les perruques et les cheveux longs. Les nuques sont nettes et les coiffures plus effilées. la tondeuse fait son apparition.
  • Fin XIXe : diverses coupes de cheveux courtes ou longues font leur apparition, notamment la coupe en brosse.
  • 1900-1914 : les cheveux des femmes raccourcissent. Elles découvrent la coloration d’oxydation et la permanente.
  • 1914-1920 : la mode s’oriente vers la simplicité et le pratique, le style le plus moderne est le carré court ondulé accompagné d’une frange.
  • 1920-1930 : les cheveux coupés courts sont effilés, permanentés puis disciplinés par une mise en plis et enfin séchés par un casque soufflant de l’air chaud.
  • 1930-1938 : les cheveux s’allongent. Les ondulations sont encore à la mode, mais c’est le Glamour qui marque la décennie.
  • 1939-1950 : apparition chez les hommes de la coupe au rasoir.
  • 1950-1960 : les tendances changent de plus en plus rapidement requérant une approche plus méthodique.
  • 1960-1969 : la coupe de cheveux structurée fait son apparition. Elle n’est plus seulement utilisée pour déterminer la longueur de la chevelure, mais bien pour donner une forme à la coiffure. Des coiffures aux longueurs irrégulières, contrastées, asymétriques ont un grand succès auprès du public.
  • 1969-1980 : les hommes gardent les cheveux longs, les favoris, la barbe ou la moustache selon les cas. La coiffure féminine symbolise une élégance légère et sophistiquée, mais toujours naturelle.
  • 1980-1990 : les créations ont une logique de production dirigée vers une consommation du plus grand nombre.
  • 1990-2000 : la coiffure a une démarche de plus en plus productive. On uniformise les coiffures, alors que la demande s’oriente vers une personnalisation de la coiffure.
  • 2000-2010 : on assiste à un intérêt grandissant pour la diversité des formes, des styles et des couleurs, tant pour la mode féminine que masculine.